Par Daphlanote
Publié dans : Poésie
Dimanche 27 avril 2008 7 27 /04 /Avr /2008 11:57

Cette douceur répand son parfum dans mes rêves

Et une maladie, comme une envie, m’achève.

 

L’arrière-goût amer de la réalité

A tôt fait de sonner le glas de la cité

De nuage et d’éther ; elle abritait pourtant

Tous ces petits bonheurs qui m’émouvaient enfant.

 

Et mes yeux apeurés pourront s’éteindre encore

Sous le roulis des choses, rendues indolores.

 

J’abhorre le plus et puis ce monde mouvant,

Comme je pleure alors sur ces moments d’avant.

Touche, touche l’ombre.

Respirations de l’hongre,

            C’était avant la charge.


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Par Daphlanote
Publié dans : Nouvelle
Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 09:54

[Rue Grise, immeuble deux, appartement 63, terrasse.]


Voir. Souvenirs d’un marasme inquiétant de timidité :


Les mains croisées sur les genoux, j’observe.


J’aimerais Ombre raser les murs, éviter la vedette qui, sous la lumière d’un réverbère, se tortille et se déhanche, inconsciente.

Le théâtre du choquant s’offusque des bien-pensants. Les couleurs criardes d’un décolleté, le jeans troué d’une jupe trop courte. Le pantalon, moulant, taillé en short, au-dessous des fesses.

Les paillettes miroitantes. La solitude.

Ses pieds se posent en cadence sur le sol, une musique entêtante et inconnue dans les oreilles. Elle bat la mesure. Son bassin ondule et encore. Les ombres s’étendent, de façon passagère. Ces petits chocs. Ambiance.


Je résume. Nous sommes…

Dans une ruelle sombre - cent mètres de pavés déchaussés. L’éclairage public, concentré en un seul point : la lampe, branlante et figure de tour de Pise.

Elle, sur la piste de danse imaginaire, pressée contre les corps transpirants. Ses cheveux lâches, rejetés autour d’elle par un brusque mouvement de tête. Ses mains au-dessus de la tête.

Elle est folle.


Je suis perchée au sommet du monde. Le toit le plus haut de ce quartier ; désespérément isolée.


Mon personnage en scène. La nuit a déjà bouffé mes espoirs. Le glauque et l’esprit sont cousins, quelque part.

Des percussions s’effacent devant les coups tonnants de la batterie. Les lumières au loin clignotent. Dans cette rue, l’eau s’écoule au goutte-à-goutte le long d’un tuyau crénelé et peint d’un vert terne. Un chat errant bouscule un empilement de cannettes et amorce la mélodie.

Je vais d’avant en arrière, comme pour suivre cette musique dans mon crâne. J’imagine les lampes donnant sur la rue : ce ne sont que des illuminations. Du haut de cette tour, je vois la scène, comme la piste, les corps - des rats - se touchant et dansant à en perdre haleine, épuisant jusqu’au dernier souffle d’amusement. Des filles dénudées remuent les épaules et balancent leur corps. Influence.


L’envie ligote mes sens. Au propre et au figuré. Je suis poupée de sucre, perchée sur les ombres de la lune. Des nuages me cachent parfois les lumières du monde. Mes mains brassent l’espace comme un tourbillon paisible, incarnation de mes vouloirs pluriels.

N’empêche.

La roue de tourner. Comme mes paumes sur le toit rocailleux de ma prison. Je les écorche à coups de rêves et de passions absentes.

Mon corps emprisonné de médical, accidenté incurable. Je mourrai sous peu, pas de maladie. Peut-être un faux pas ou, devrais-je dire, un « faux tour de roue ».


Je fonds. Petit à petit, les afflux de chaleur liquéfient ma volonté. Paresser. Le monde est trop clément. Je veux avoir mal. Ressentir et puis. Vivre.


Elle.

Le reste de ses pleurs dilués dans l’alcool ; l’oubli à portée de gorge.

Seule ou en attente, impatience angoissée : « S’il m’oubliait ? »

Bientôt, elle fera quelques pas, légèrement de guingois, comme une femme perdue.

Bientôt, elle croisera les mains sur son torse, le débardeur blanc imprime les dentelles posées sur sa peau. Priant, pestant contre l’eau.

Mais la fille attend toujours. Elle rêve le possible. Revient, chaque week-end à la même heure. Parfois, la lumière d’un phare ou le crissement de pneus la fait sursauter.

Souvent, je ne la vois pas, en fait. Même si je sais que ça fait deux mois.


La première fois, elle était sur le trottoir, une voiture garée devant elle, la portière passagère entrouverte. Elle parlait vite, un peu agressive. Une autre voix l’interrompait de temps à autre. Je ne me souviens plus des mots.

Puis, elle s’est mise à crier, relevant la tête et redressant le corps. Elle a attrapé le montant de la portière de sa main droite et l’a claquée avec force. Le conducteur a baissé la vitre et a tenté quelques mots. Elle lui a tourné le dos.


À la fin, cette fois-là, il y a le silence - à peine troublé par un léger bruit de moteur. Et juste après, le véhicule s’est éloigné - doucement d’abord, puis de plus en plus vite - pour s’effacer au coin de la rue.

Là, elle a pris sa tête entre ses deux paumes, ses doigts lui masquant les yeux. Et elle a pleuré. Pas longtemps d’ailleurs. Elle a sorti son portable.

Le téléphone a sonné chez moi. Le répondeur s’est enclenché. « Bonjour. Vous êtes bien chez… ». Je n’ai pas répondu. Elle a dit « Je rentre » et elle a marché.

Je l’ai vue disparaître, la démarche un peu hagarde. Elle ressentait et exhalait la peine.


Elle n’est pas rentrée, pas tout de suite. Je l’ai vu débarquer au petit matin, accompagnée - portée - par un ami, rencontré par hasard. Je l’ai laissé sur le seuil, lui. Il m’a regardé d’un drôle d’air. C’était comme si, en plus d’être paralysée des deux jambes, j’étais devenue folle, violente et perverse.

Aujourd’hui, quand j’y pense, j’ai un peu mal. Avant mon accident, il était aimable, toujours un sourire.

Mais peut-être suis-je devenue acariâtre. Mais ne suis-je pas simplement devenue plus lucide ?

J’imagine l’écriteau catastrophe : « Mesdames, messieurs, le cliché est dans la place ». Et c’est vrai. J’avais mal devant son regard, je regrette. La révolte est un poison.

Et ma sœur, ivre. Elle s’appuyait sur les murs pour ne pas tomber, avançait pas à pas, les genoux flageolants. Je n’aurais pas su l’aider. Alors, je la regardais avec un sourire amer, ricanant doucement.


C’est comme ça, chaque jour. Moi, enfermée entre ses parois de verre ; même pas envie de prendre l’ascenseur. Je n’ai plus jamais voulu m’exposer au monde.


Le lendemain, elle était devenue laide. Le teint quasiment vert, le gloss et le mascara avaient coulé sur son visage. Elle s’est mise devant moi, encore un peu tremblante. Elle a levé la main, l’a abaissée sur ma joue. Une fois… Deux fois. Fort. Elle a dit « Mais quelle conne ».

J’ai voulu pleurer. J’ai pleuré. Elle s’est détournée et a fini sa journée comme d’habitude : en dessous du réverbère branlant de la rue Grise.


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Par Daphlanote
Publié dans : Poésie
Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 16:55

Je cherche les mots déçus d’un vent caressant ; mon angoisse.
J’observe le printemps diluer ses instants ; vorace.
L’amer lézarde les murs, et la terre secoue son futur.
Les ruines vont faner.

Les fruits rouges se colorent d’un vert juvénile ;
et le hêtre le couve sans l’affecter.
            Que des doigts malhabiles
Semblent le tourmenter,
Il n’en a que faire.
Seul compte l’instant où les nuages percés
Seront révélateurs d’un sinistre passé,
Ouvrent l’espoir aux marges étroites.

**

Puis brûlant revenir à jamais.
Inhaler le courant passionné
            De l’effort désaxé
Des cimes usées
Offrant leurs neiges empesées.

**

Lorsque, assise sur la portée,
Je laisse l’avenir glisser en notes aiguisées par un rêve sur catalogue.
Je pense à recommencer,
Gravir les champs des destinées
Jusqu’aux nuages fumés anthracites
Pour les repeindre de striures marbrées.


Et, ma liberté acquise,
Alors,

 

Que le soleil luise !

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Par Daphlanote
Publié dans : Poésie
Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /Mars /2008 17:30

     Tu as la voix chaude et même un peu rauque,
     Des yeux brun amande et des couleurs en toi.
     Sobre et renfermé, j’aime ces colères
     Qui font s’allumer l’espoir dans tes veines

[Tes paumes solides ceignent mon visage.]

     Et tes rêves enflés d’illusions baroques
     Seront à présent comme un nouveau toit ;
     Moi, je marcherai entre l’eau et l’ère
     Des folles absinthes et de la verveine.

[Tes doigts-chrysalides gagnent en métissages.]

Mais je veux ton corps,
Ton sourire et tes
Humeurs pudibondes,
Aussi ta peau d’ores
Et déjà grêlée
D’envies vagabondes.

Ces ruptures invalides,
Feront l’alésage
Des simulacres ;
Mais l’acide
Des âges
- Âcre,
Lucide -
Est tissage
De nos deux ancres.

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Par Daphlanote
Publié dans : Divers
Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 14:12
 
Jean Raspail est un écrivain français. Il a notamment collaboré avec Giono, Buzzati ou même Perret.
Il a publié plus d’une trentaine de romans, traduits en plusieurs langues, dont Sire, Hurrah Zara, Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, La Hache des Steppes te bien d’autres.
 
J’ai commencé la lecture de cet auteur avec Sept Cavaliers… . Rien que la lecture du passage exposé sur le quatrième de couverture n’est un régal. Dans phrases savoureuse qui sonnent et qui émeuvent parfois même au delà des larmes.
Il m’a bouleversé. Je l’ai d’ailleurs relu des dizaines de fois avec, comme dirait Pennac dans Comme un Roman, le droit de sauter des passages différents –ou non- à chaque fois. Ce silence qui bourdonnait près de mes oreilles une fois la lecture finie. Et les larmes qui ont coulé sur mes joues quelques minutes après, sans que je n’en connaisse la raison.
C’est cet auteur qui a marqué un tournant dans mes préférences littéraires. De nombreux best-sellers ou simple « bon livres » m’ont parus sans saveur après lui –et, pardonnez moi, mais le célèbre Da Vinci Code m’a paru plus qu’indigeste après ça.
C’est aussi ce livre qui a déclanché –ou plutôt exacerbé- mon goût pour la poésie. J’ai encore sur la langue les relent des que j’avais lu alors.
 
Bien sûr, tout ceci doit vous paraître bien pathétique. C’est d’ailleurs l’effet que je me fat à moi-même. Mais je pense qu’il résumait assez bien la situation (rires). Depuis, j’ai dévoré quelques unes de ces œuvres, et je désespère de trouver celles qui ne sont plus édités…
 
Quelques extraits de son œuvre :
 
« Sur un Signe du roi, je m’étais en bout de table. On se souvient des conseils muets que je tenais sous la tente avec les colonels de mon armée. Le fait qu’ils se déroulaient sans témoin les enfermait dans le domaine du rêve : si je cessais d'y penser, ils cessaient d'exister. Tandis qu'en me prenant pour témoin, le roi Antoine réussissait l’impossible : recevoir l'écho extérieur de son rêve. Qu'est-ce que c’est qu’un écho ? L'apparence d’une réalité. J’étais l’écho. Il en existait d’autres, tout un clavier dont le roi jouait. La Patagonie, le royaume, c'est cela aussi : le rêve et les échos du rêve. Un va-et-vient qui peut n'avoir jamais de fin. »
Extrait de Le jeu du Roi, paru en 1993 ( ?).
 
« Le blason de notre famille se compose d'un faisceau de lances d'or assorti de la divise "Je suis d'abord mes propres pas". Ces lances, ce blason, tout cela peut paraître exclusivement militaire, guerrier, masculin, et cependant je puis t'assurer que parmi les femmes de la famille, nombreuses sont celles qui résolurent de ne suivre que leurs propres pas, avec une liberté souveraine, une aisance et une élégance que pourraient leur envier bien des jeunes femmes de cette fin de siècle. Ma tante Elena de Pikkendorff, par exemple, qui chassait les sous-marins à bord de son bateau-piège, ou lady Zara Pikkendoe, ou encore ma tante Zara... »
Extrait de Hurrah Zara, paru en 1998
 
« Sept cavaliers quittèrent la Ville au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée. Tête haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient abandonné la Ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espéraient moins encore et se gardaient d'imaginer. Ainsi étaient-ils armés, le cœur et l'âme désencombrés scintillant froidement comme du cristal, pour le voyage qui les attendait. Sur l'ordre du margrave héréditaire, simplement, ils allaient, ils s'étaient mis en mouvement et le plus jeune d'entre eux, qui n'avaient pas seize ans, fredonnait une chanson »
Extrait de Sept Cavaliers..., paru en 1993.
 
Et, cette citation savoureuse pour conclure : 
« Sortis de leurs livres, les écrivains n’ont rien à dire, rien à ajouter !  Tout ce qu’ils pourraient faire lorsqu’on les interroge, s’ils avaient une once de sincérité, c’est retrancher, gommer, jusqu’à ce qu’il ne reste rien !... »
 
Infos complémentaires :
 
           Ici
Et
           Ici
 

 


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Par Daphlanote
Publié dans : Poésie
Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 16:02

Une peau craquelée, blanche, couvre à présent
Les arbrisseaux mourants de l’éternité reine.
Quelques passant pressés -travailleurs matinaux-
Arpentent ces trottoirs et leurs pavés glissants.
Le visage enfantin, avant qu’il ne s’éprenne
De la neige tachée, parait un peu rougeaud.
 
Les branches sont courbées par la neige récente,
A présent agrippée à l’écorce mousseuse
De peupliers vaillants, chapeautant les bourgeons
Recroquevillés –froid- sur les branches cassantes.
Les gamins excités par les actions curieuses
De parents angoissés, leurs yeux furibonds.
 
Dans les mains des plus grands siègent des boules claires,
Tassées soigneusement, en vue d’une bataille
Gagnée par le bonheur et les esprits frondeurs
D’étudiants agités -le jeu semble leur plaire.
 
Armé de patience et d’une ruse sans faille,
Le garçon revient ici : regardez le vainqueur !

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Par Daphlanote
Publié dans : Divers
Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 12:18

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Illusion est un projet en cours.
C'est celui d'un roman -quoi de plus banal d'ailleurs ?- de fantasy d'abord (voir d'héroic fantasy) que j'espère faire virer sur le fantastique. 


L'accent est mis sur le style, que je travaille et retravaille d'aileurs sans cesse. Bien sûr, le scénario ne doit pas être absent. 
C'est pour je vous propose d'aller lire un
résumé rapide ici.

Toutefois, ce projet -
mis en ligne pour l'instant ici- est écrit par fragment. Autrement dit : je n'écris pas dans l'ordre chronologique. Bien sûr, le résumé en dévoile déjà pas mal. De fait, les fragments ne font que préciser cela. C'ets le hic de la méthode.
Cependant, il s'averre, au fur et à mesure que je progresse dans ce travail, que nombre de ces fragments seront à écrire de nouveau voir à supprimer tout à fait. Donc, mis à part les tous premiers chapitres/fragments, le reste n'est pas figé et changera encore sans aucun doute en cours de route.

Note : Le sommaire des fragments est en ligne
ici. Toutefois, à l'heure où je vous parle, il est clair pour moi qu'il va changer sous peu... ^^. 

P.S. : N'hésitez pas à laisser une petit mot.


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Par Daphlanote
Publié dans : Divers
Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 12:03

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Disponible à cette adresse.

Il s'agit d'une communité composée d'un peu plus d'une trentaine de membres à ce jour.
Certes, c'est peu. Toutefois, elle est très active et dynamique. Et puis... elle ne demande qu'à s'agrandir !

Le forum propose de : 
    Discuter sur la littérature et l'écriture (de façon générale ou en détail),
    S'échanger de bonnes adresses,
    Proposez vos textes, suivant un thème donné chaque dimanche soir,
    Vous aider à rédiger/corriger vos textes par un sysème de bêta-lecture,
    Et pas mal d'autre chose, dont un projet collectif -tout juste mis en marche- pour l'année 2008.

En clair : n'hésitez pas, si vous avez un peu de temps, de courage ou d'opinions -d'idées- à partager. La communauté vous attend !


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Par Daphlanote
Publié dans : Nouvelle
Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 11:51

    Immuable. J’observe mon reflet dans les flots troublés par des vaguelettes intempestives.
La rambarde : un mètre cinquante, noire, inclinée - pliée de force par la gravité. Les pierres descellées à son pied. La mousse dans les interstices des larges pierres grises.
Mes yeux se noient dans l’eau. Verte. Imperméable. Aux émotions. Aux désirs et aux passions. Tout ce que j’ignore. Le lendemain est gris d'incertitudes et de soumission.
Le liquide est froid. Moins deux degrés Celsius : température ambiante.

               Y survivrai-je ?

Le contact de l’eau sur ma peau.
L’anesthésie se fait sentir, douloureuse. Chaque muscle, de moins en moins réactif.
               Mes jambes qui brassent, inutilement. Ralentissement.
               Ma tête, bientôt sous le niveau de l’eau. 
               Les lèvres entrouvertes. Avale de l’eau. Sans air. 
               Puis… Comme pour tousser. Évacuer l’eau de mes poumons.
               [Je m’étrangle. Peu à peu.]
Et puis. Enfin. Je dors.
 
**
 
    Réveil. J’ai froid.
L’air est glacé. Le monde bourdonne. J’agrippe la couverture – posée sur moi - avec le bout de quatre de mes doigts. Mes jointures blanchissent. Je tremble.
Les jambes comme gelées. Immobiles dans une gangue de glace.
Le visage crispé. Je claque des dents. Mordant de temps à autre mes lèvres, abîmées.
Mes muscles. Endoloris. Ils m’enferment. J’ai peur. Je m’affole. Paralysée. Sais-je encore parler ? J’ai l’impression que ma gorge est en feu. Mes cordes vocales, comme du plomb dans l’estomac, sur le fond de ma langue.
 
    Une porte s’ouvre. Des voix un peu indistinctes parlent, commentant mes yeux ouverts et mon visage terrifié.
Une main vérifie le baxter et les tuyaux reliés à mon bras, attaché en hauteur, sur une patère tout contre le lit d’hôpital.
Puis repartent. Sans précaution ni question. Ils font leur travail. Comme tout le monde.
 
    Assis sur un siège. Devant un bureau. Un homme entre-deux âges, des lunettes sur le bout du nez, le regard posé sur moi.
J’ai les mains sagement croisées. Posées sur mes genoux.
 
- Qu’avez-vous fait, mademoiselle ?
- J’ai sauté dans l’eau. Je voulais me noyer.
- Vraiment ?
- Oui.
- Et… Pourquoi donc ?
- Parce que.
- Mais... encore ?
- Parce que j’en avais envie.
- Et pourquoi en aviez-vous donc envie ?
 
    Silence obstiné.
Il soupire. Un peu. Tente de ne pas lever les yeux au ciel, comme le prenant à témoin pour ses efforts.
Quelques minutes plus tard, je me lève, repars vers ma chambre. Le rendez-vous est terminé. Pas envie d’aller jusqu’au fumoir.
 
    Un mois plus tard. Nouvelle ville. Nouveau fleuve. Et. Nouvelle chute. Se rater une bonne fois pour toute, peut-être… ?

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Par Daphlanote
Publié dans : Poésie
Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 19:22

L’espérance aigrie
Laisse notre avenir
S’envoler.
 
            Nos vies resteront là, habillées de pourquoi
            Révélateurs et las de n’être que des proies.
 
Promesses dédies
Qui donnent au plaisir
Les regrets.
 
            Ma chaire est craquelée, de ces cris lancés –rauques-,
            Et ma peau demeure, barrée par un sang glauque.
 
Relents douloureux
D’une agonie rapide,
Comme un songe.
 
            Intervalles réguliers, souvenirs apparus.
            Pour masquer le présent d’un voile distendu.
 
Ces sourires d’eux
Paraîtront bien timides,
Sans mensonge.
 
            Parés de l’incertain, brouillards des lendemains.
            Des rêves d’ascension ou la modestie d’être.
 
Et puis vient la chute,
Silencieuse et hautaine :
Je suis nue.

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