Par Daphlanote
Publié dans : Divers
Mercredi 16 janvier 2008
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Jean Raspail est un écrivain français. Il a notamment collaboré avec Giono, Buzzati ou même Perret.
Il a publié plus d’une trentaine de romans, traduits en plusieurs langues, dont Sire, Hurrah Zara, Moi, Antoine de Tounens, roi de
Patagonie, La Hache des Steppes te bien d’autres.
J’ai commencé la lecture de cet auteur avec Sept Cavaliers… . Rien que la lecture du passage exposé sur le quatrième de couverture n’est un régal. Dans phrases
savoureuse qui sonnent et qui émeuvent parfois même au delà des larmes.
Il m’a bouleversé. Je l’ai d’ailleurs relu des dizaines de fois avec, comme dirait Pennac dans Comme un Roman, le droit de sauter des passages
différents –ou non- à chaque fois. Ce silence qui bourdonnait près de mes oreilles une fois la lecture finie. Et les larmes qui ont coulé sur mes joues quelques minutes après, sans que je n’en
connaisse la raison.
C’est cet auteur qui a marqué un tournant dans mes préférences littéraires. De nombreux best-sellers ou simple « bon livres » m’ont parus sans saveur
après lui –et, pardonnez moi, mais le célèbre Da Vinci Code m’a paru plus qu’indigeste après ça.
C’est aussi ce livre qui a déclanché –ou plutôt exacerbé- mon goût pour la poésie. J’ai encore sur la langue les relent des que j’avais lu alors.
Bien sûr, tout ceci doit vous paraître bien pathétique. C’est d’ailleurs l’effet que je me fat à moi-même. Mais je pense qu’il résumait assez bien la situation
(rires). Depuis, j’ai dévoré quelques unes de ces œuvres, et je désespère de trouver celles qui ne sont plus édités…
Quelques extraits de son œuvre :
« Sur un Signe du roi, je m’étais en bout de table. On se souvient des conseils muets que je tenais sous la tente avec les colonels de mon armée. Le fait
qu’ils se déroulaient sans témoin les enfermait dans le domaine du rêve : si je cessais d'y penser, ils cessaient d'exister. Tandis qu'en me prenant pour témoin, le roi Antoine réussissait
l’impossible : recevoir l'écho extérieur de son rêve. Qu'est-ce que c’est qu’un écho ? L'apparence d’une réalité. J’étais l’écho. Il en existait d’autres, tout un clavier dont le roi jouait.
La Patagonie, le royaume, c'est cela aussi : le rêve et les échos du rêve. Un va-et-vient qui peut n'avoir jamais de fin. »
Extrait de Le jeu du Roi, paru en 1993 ( ?).
« Le blason de notre famille se compose d'un faisceau de lances d'or assorti de la divise "Je suis d'abord mes propres pas". Ces lances, ce blason, tout
cela peut paraître exclusivement militaire, guerrier, masculin, et cependant je puis t'assurer que parmi les femmes de la famille, nombreuses sont celles qui résolurent de ne suivre que leurs
propres pas, avec une liberté souveraine, une aisance et une élégance que pourraient leur envier bien des jeunes femmes de cette fin de siècle. Ma tante Elena de Pikkendorff, par exemple, qui
chassait les sous-marins à bord de son bateau-piège, ou lady Zara Pikkendoe, ou encore ma tante Zara... »
Extrait de Hurrah Zara, paru en 1998
« Sept cavaliers quittèrent la Ville au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée. Tête haute, sans se cacher, au
contraire de tous ceux qui avaient abandonné la Ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espéraient moins encore et se gardaient d'imaginer. Ainsi étaient-ils armés, le cœur et
l'âme désencombrés scintillant froidement comme du cristal, pour le voyage qui les attendait. Sur l'ordre du margrave héréditaire, simplement, ils allaient, ils s'étaient mis en mouvement et le
plus jeune d'entre eux, qui n'avaient pas seize ans, fredonnait une chanson »
Extrait de Sept Cavaliers..., paru en 1993.
Et, cette citation savoureuse pour conclure :
« Sortis de leurs livres, les écrivains n’ont rien à dire, rien à ajouter ! Tout ce qu’ils pourraient faire lorsqu’on les interroge, s’ils avaient
une once de sincérité, c’est retrancher, gommer, jusqu’à ce qu’il ne reste rien !... »
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